Archives de catégorie : Graphisme

LO MOULIS – Entre ici et là-bas …

NOUS SOMMES DÉFINITIVEMENT ÉPHÉMÈRES  http://lomoulis.net/nous-sommes-definitivement-ephemeres/

Il y a de cela quelques semaines, lorsqu’on ouvrait la page internet du site éditorial des Éditions TARMAC, on était accueilli par une singulière petite vidéo. On pouvait y voir la rame d’une embarcation entamer sans hâte, dans un incessant et silencieux mouvement, la surface des eaux paisibles d’un lac ou d’une rivière.

  Intrigué par ce petit film qui m’évoquais la métaphore Alicienne du miroir, je me décidais à le visionner sur Vimeo en agrandissant la fenêtre pour le lire en plein écran.

Une légende y disait : « Quelque chose déborde, quitte la rive Les chemins les rivières les cheveux Laisse filer une ombre errante, un rêve fou »

C’est ainsi que je découvris les vidéos de Lo Moulis, puis plus loin la présentation de sa recherche plastique sur les pages lomoulis.net/ ou  meme-pas-grave.over-blog.com/

À la lenteur du regard sur le monde que pose l’artiste photographe, vidéaste, céramiste et graveuse, se lient force, finesse, bienveillance et humanité.

Ce regard est un langage ; un Fado.

Il n’y a pas à le commenter parce qu’il n’appelle pas à cela. Il s’agit d’abord d’entendre son propos sensitif, ses émissions émotionnelles ; ce en quoi une telle démarche peut par exemple nous interroger. Pourquoi d’ailleurs toujours commenter ? On essaie au préalable d’entrer en relation avec cette parole silencieuse ou l’on passe son chemin.

Et si on a l’intelligence de s’intéresser un peu aux autres, à ce qu’ils proposent souvent dans un murmure, on envoie en retour des signaux d’amitié, de fraternité pour dire la joie et l’intérêt que l’on éprouve à découvrir leur espace de création, le dire allusif du rêve qui s’y manifeste, la sensation à la fois intranquille et délicieuse des départs qui y sont suggérés. Nul besoin alors de grands mots. Aucune nécessité non plus de devoir comparer ce qui s’y noue ou s’y dénoue à d’autres propositions inscrites dans l’histoire de l’Art.

Pour ma part, j’ai simplement voulu témoigner à propos du travail de cette artiste parce que j’ai aimé me sentir invité par les formes visibles de sa musique intérieure. J’ai aimé être désorienté, dérouté, dans la lecture de ses eaux-fortes où se rencontrent autour des apparitions ou des absences, des temps d’enfances (emportement et innocence) ; où entre l’esprit et les éléments – l’esprit des choses ou des lieux -, entre les allégories et nos histoires, entre la violence et la grâce, entre les apparences et la profondeur, le dialogue entretenu est constant. J’ai également vu un geste s’accorder à une danse des épiphanies dans l’invisible et perpétuel mouvement ; entendu que pour l’artiste dire ne semblait pas essentiel.

Alors je me suis laissé transporter au gré des visions et des paysages inconnus qui transparaissent parfois en surimpression d’un étrange codex. J’ai pris la route que m’ouvrait cette œuvre étonnante, suivi ses tracés sans attendre de savoir si la forme d’une médiation quelconque entre la technique et le chant se révèlerait et installerait une distance.

Tout est juste dans le regard de Lo Moulis ; doux et implacable à la fois.

Elle est l’œil, le point de vue, le labyrinthe, le tracé, le trou, le geste même qui caresse les mythes dont le stuc se défait, et qui se prête au silence jusqu’aux marges des patios, des chambres à ciel ouvert, jusqu’aux ombres verticales qui contestent l’hégémonie de la lumière ; la desquamation lépreuse des murs de la ville surveillée par les chiens.

Dans un monde où l’information et la publicité obturent la parole pour promouvoir la consommation et empoisonner notre noyau de spiritualité, des résiliences éclosent ici et là qui maintiennent ouverts des réseaux d’opposition au consumérisme et à la crétinisation; des lieux où se rencontrent artistes et pratiques artistiques qui permettent de reprendre d’autres narrations, d’autres liturgies.

Il est donc primordial de se faire l’écho de toute tentative œuvrant à la dissémination du rêve, et ce même si nos saluts très confidentiels rendent d’abord hommage aux marges ou aux friches que très humblement mais non sans enthousiasme nous occupons.

 « Nous sommes définitivement éphémères » oui, mais nous voyons dans chaque instant la preuve de notre immortalité. Alors la trace, comme le chant ou la danse épousant les lignes imperceptibles du gouffre et du ciel, nous offre l’issue : la dérive.
Je regarde encore votre Eklinggarh – T’envoie mes prières, te souhaite la lumière et du vent

et dans ma tête des personnes dansent comme des oiseaux

pendant que la mort dont j’ai la garde me soulève l’estomac.

Obrigado Lo Moulis! pour votre fado vagabond, son errance sacrée.

http://lomoulis.net/

http://meme-pas-grave.over-blog.com/

Article paru dans le Numéro 19 de la revue FPM des Éditions Tarmac

Le bruit court que l’homme n’est pas.

 

http://lithoral.fr/polaroid-dessins-a-lencre-de-chine-sur-tirages-polaroid-non-reveles-serie2/

Les coïncidences sont toujours éconduites.

La respiration des arbres, des sons et de la lumière.

Ce fut une pluie d’astéries, ___ mais en juillet de quel monde ?

Les Arbres – l’Herbe – le Vent, le Ciel – l’Eau ; Entête du vide.

Vers quel néant, les mystères ?

Même solitude, même providence ; la soie du silence.

Le bruit court que l’homme n’est pas.

L’agilité, c’est le rêve.

Dormons du sommeil des saules sur les copeaux de bois mort.

Az-zahr et al-kymia qu’un souffle suffit à dire.

Dans les soies que la langue caresse, on cherche, mais sans jamais y parvenir, le déséquilibre des parfums amers.

Entre le nez et un bouquet de menthe, l’espace se vide, le départ est constant.

Nous sommes juste d’aujourd’hui, dans l’absurde et séquentiel agencement des pertes.

Je ne me souviens pas avoir voulu dire autre chose. Je témoigne n’être jamais sorti du labyrinthe.

Une sphinge somnole, ancrée au comptoir du bar de la poste.

R.N

L’étoile du monde

 

« Collage de convalescence » 70 x 50 cm. L’Etoile du monde, en référence à une gravure originale de Onuma Nemon.
« Collage de convalescence » 70 x 50 cm. L’Etoile du monde, en référence à une gravure originale de Onuma Nemon.

 

 

« Amour. tes jambes fleuries de veines. Voilà la forme du vide.

Éclairs.

Chant armé de signes.

Le rêve constitué de ses ruines ne suffit pas. La vie si.

Le regard coud nos corps-fruits à des fuseaux de sang.

L’art et le rêve ne suffisent pas,

la vie si.

Mais l’art et le rêve ! leurs prières, leurs décharges de oui électriques. »

Extrait de SANS CESSE (Suite) – Gilles Venier